• Il ne suffit pas de marteler des choses fausses pour qu'elles deviennent vraies

    Le débat sur la dette des états est un pur et simple mensonge et je renvoie ici à une étude remarquable qui le montre. Il n'est pas honnête de raisonner sur une dette qui est, par nature, un montant fixe - pour les économistes: un stock- avec le Produit Intérieur Brut qui, par nature évolue chaque année. Je dois 300 000 euros pour payer ma maison. Évidemment, je les dois sur 25 ans. Mais je gagne par an 25 000 euros. Chacun voit bien que si l'on rapporte le 1° chiffre au deuxième, ça n'a aucun sens (même si, d'une année sur l'autre, j'emprunte encore mais toujours, nécessairement sur une durée plus longue que mon revenu annuel). Ce qui est pertinent c'est de rapporter les sommes annuelles payées au titre de la dette (intérêts+amortissement) aux revenus annuels du pays. Dans ce cas, on est à une charge de 20% des revenus. Chacun peut le rapporter à son budget familial et voir que c'est supportable.

    Le grand mensonge de la dettePAS BALAISE DU TOUT.- On objectera à juste raison que même si le ratio est bidon, comme il est appliqué à tout le monde, la comparaison est possible. Mais non! Un exemple que je connais bien pour vivre entre la France et la Suisse. Régulièrement des amis français me disent: "Ouaaahou, les revenus suisses, c'est balaise." Mais c'est faux. Il faut les rapporter aux charges de leurs bénéficiaires. Ainsi, dans de nombreux pays - dont la Suisse- le système d'assurances sociales est privé. En sorte que les coûts pour les particuliers sont phénoménaux mais que, bien sûr, ça n'apparaît pas dans l'endettement public. La France a de très lourdes dépenses PUBLIQUES pour la couverture sociale. Mais lorsqu'on compare, comme le fait le tableau que je place plus loin, l'endettement privé selon les pays, on constate que la Grande-Bretagne en est à près de 100% du PIB, que la très fameuse Allemagne en est à 60% et la France à 50%.

    Ca veut dire que, ailleurs, les particuliers suppléent ce "collectif" qu'est l'État. Chez nous, ceci n'est très certainement pas sans relation avec le fait que nous sommes une vieille nation monarchique et que nous considérons que c'est la puissance publique et non chacun d'entre nous qui doit porter les dépenses de couverture sociale.

    Le grand mensonge de la detteFAILLITE DES PARTICULIERS.- On peut en débattre. Je suis de ceux qui pensent que ceci n'est pas sans relation avec une culture protestante de la responsabilité individuelle dans les pays qui préfèrent que la dette soit individuelle, mais peu importe. Ce qui importe c'est qu'on ne peut pas faire comme si cette dette privée n'existait pas. On le peut d'autant moins que, quelle que soit la configuration, la faillite pure et simple d'un état est une chose rarissime; celle d'un particulier: on voit ça tous les jours. Certes, c'est moins visible. C'est même tout l'avantage de la chose. Aucune chaîne de télévision ne se déplacera lorsqu'on exproprie un particulier.  En revanche, il a plu des envoyés spéciaux à Athènes lorsqu'on s'est mis à parler d'une éventuelle faillite grecque.

    Donc, il y a, dans la manière de prendre ce débat, une manière d'aussitôt l'occulter qui est mensongère.

    Mais il y a un deuxième mensonge. Les dettes ne se ressemblent pas. Il n'est pas acceptable de s'endetter pour des dépenses qui ne servent à rien, par exemple de la bureaucratie. De ce point de vue tout le monde a des leçons à prendre. Et on ne peut pas s'opposer à la réduction des dépenses qui ne servent à rien.

    Reprenons le cas du particulier. S'il s'endette pour acheter un objet de luxe, type valise Hermès, c'est son libre choix mais en terme de production économique, ça ne sert à rien. De même pour ses vacances. Si, en revanche, il s'achète un bel ordinateur pour pouvoir travailler depuis chez lui, cet endettement est utile. Il produit des revenus.

    Le grand mensonge de la dette10000 PONTS EN PÉRILS.- Mais prenons un exemple très concret dans le domaine public: lorsque l'Allemagne, selon un récent rapport, a 10 000 ponts qui sont en péril au point que les transporteurs doivent s'en détourner, l'éventuelle dépense de réfection fait gagner de l'argent aux transporteurs, aux entreprises qu'ils livrent, etc.

    Donc oui, coupons les dépenses dans les doublons de fonctionnement, dans les complexité inutiles. Mais, lorsque les dépenses sont productives, lorsqu'on finance un plan de fabrication d'éoliennes qui va nécessairement enrichir les entreprises qui les conçoivent, il n'y a pas d'obstacle.Dette privée des ménages en 2012

    Il y a quelques temps, un spécialiste me disait que si les sociétés financières britanniques de cartes de crédits exigeaient subitement le remboursement de leurs dettes, ce serait Zola au pays de la Queen. "God gracious!" En Grande-Bretagne, la dette des ménages est passée de 60 % du PIB en 2000 à 101 % en 2009 (+ 41 points), contre une progression de 15 points pour la zone euro (de 49 % à 64 % du PIB). Si l’on ajoute la dette publique et la dette privée (prêts, dette des ménages, des entreprises et du secteur financier), la dette britannique a atteint 507% du PIB au deuxième trimestre de 2011.

    En 2010, la dette privée des Etats-Unis était de 116% du PIB contre 99% pour la dette publique. Moyennant quoi, en raison du non remboursement de certaines dettes privées, l'état a du lancer un plan de relance pour faire tout de même circuler de l'argent.

     

    La dette des ménages est passée de 60 % du PIB en 2000 à 101 % en 2009 (+ 41 points), contre une progression de 15 points pour la zone euro (de 49 % à 64 % du PIB) - See more at: http://www.lemoci.com/royaume-uni-coface-confiant-dans-la-reprise-de-leconomie/#sthash.qaHSkdMI.dpuf

    Le grand mensonge de la dette3500$ PAR MOIS EN CARTE DE CRÉDIT .- J'emprunte au quotidien canadien La Presse cette information qui concerne l'année 2010: "L’endettement des consommateurs canadiens a grimpé de 4,5% au cours de la dernière année, pour atteindre 25 597 $ par personne au premier trimestre". C'est effrayant. Et voici ce qui vous assomme: "le solde moyen des cartes de crédit est à 3539 dollars. Un montant élevé qui, à l’évidence, ne peut être réglé par tous à chaque fin de mois. D’où les sommes astronomiques payées par les consommateurs en intérêts". Alors d'accord le taux d'endettement de toutes les administrations canadiennes par rapport au PIB (le Canada est un état fédéral donc il faut en tenir compte) est de 87%. C'est incontestablement mieux que nous, mais tout dépend ce que l'on prend en compte. Et, je vous le dis tout de suite, le solde moyen mensuel de ma carte de crédit n'est pas de 3500$.

     

    Le grand mensonge de la detteJe publie ci-contre à gauche des courbes qui sont incroyablement éloquentes de ce transfert de charge des particuliers à l'état. On voit bien que c'est l'état qui prend le fardeau et que les particuliers qui restent dans des limites supportables. Mais, ne nous y trompons pas, le fardeau est là quoi qu'il arrive. La seule bonne question est: qui paie?

    Ce débat n'est pas honnête. Ne nous comparons pas avec des pays qui ont fait un autre choix.On manipule des chiffres auxquels le commun des mortels ne réfléchit pas parce qu'il n'a pas toujours les instruments intellectuels pour réfléchir. Il faut arrêter de tricher dans ces raisonnements.


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