• Ce que l'affaire Closer veut direDonc Closer vient de récidiver en révélant les inclinations sexuelles d'un homme politique (je ne crois pas nécessaire de reprendre ce qui nous est répété ad nauseam). "Récidiver", dis-je, puisque  le même journal avait révélé l'affaire Hollande-Gayet. Ceci nous dit plusieurs choses.

    évolution de la diffusion de CLoserD'abord une formidable futilisation du monde. Elle résulte d'une convergence. Ni les dirigeants économiques, ni les dirigeants politiques ne souhaitent que le simple pékin ne réfléchisse trop. J'ai déjà eu l'occasion d'écrire ici combien était puissant le mouvement en ce sens qui tend à ne faire de nous que des zombies consommateurs: matraquage par la musique partout, anecdotisation générale de l'information dont sans doute le portail yahoo. news constitue la plus consternante des illustrations. Et ceci est mondial.

    Ce que l'affaire Closer veut direGLISSEMENT.- Ensuite, et corrélativement, le glissement du discours public et même des comportements publics vers le people. Sarkozy a témoigné d'une accélération du mouvement mais, en fait, rappelons-nous de Ségolène Royal qui accepte des photos de Paris Match à la maternité, lors de la naissance d'un de ses enfants. Ca n'est pas d'hier. Je devine là derrière comme l'intuition affolée de toute cette sphère des dirigeants qu'elle a résolument perdu contact avec le peuple et qu'il faut le chercher là où les chiffres de vente disent qu'il y a encore un grand nombre. La fascination TF1, c'est cela aussi, la participation à des talk show d'une incroyable vulgarité, c'est cela encore (voir ici)

    Enfin, plus grand nombre, plus grand nombre, faut voir. Le tableau que je publie et qui est celui - accessible à tous - de la diffusion de Closer montre tout de même un effondrement de la vente, mais enfin ça n'est tout de même pas mal.

    Car, troisième observation, il faut se dire que la presse à scandale, jusque là cantonnée dans le "people convenu" - les stars du cinéma et du show business- a bien vu la déconsidération dont souffre le monde politique. Et elle se jette dessus comme sur une vulgaire nana siliconée de la télé réalité. En fait, la presse à scandales nous raconte une évolution de la société. Elle nous tend un miroir. Et notamment, elle tend un miroir au comportement des lecteurs. Car c'est un peu commode aussi de dédouaner le bon million d'acheteurs de l'ensemble de la presse people.

    Je veux bien que l'on proteste dans l'affaire Philippot. Mais je ne suis pas très convaincu que tous les protestataires aient les cuisses propres.


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  • Je suis épouvanté par le désert de presse qui s'annonce. L'Express et l'Expansion à vendre! La New Republic, vénérable institution américaine dont tous les rédacteurs prestigieux ont démissionné parce qu'ils refusaient la politique sensationnaliste sur le net imposée par une nouvelle direction. Partout où l'on pose le regard, on voit s'effondrer des titres. Arte a pu faire un documentaire spéculant sur une prochaine disparition de Libération.

    Or, il faut bien voir, une fois pour toutes, que tout ne se vaut pas. Je suis bien désolé mais des sites internet DE RÉFÉRENCE - non pas du grand n'importe quoi- c'est rarissime. Pour être honnête, je n'en connais pratiquement pas. La bonne nouvelle que constitue, au grand mérite de son fondateur, Médiapart est une pépite dans un océan de merde.

    Dans le désert de presse qui s'annonceDE BEAUX RESTES.- Certes, me dira-t-on, mais il y a aussi un océan de médiocrité dans la presse telle qu'elle est. D'abord, j'en suis moins sûr qu'on ne le dit dans ce discours systématiquement dévalorisant qui court l'époque. Il y a des excellents journaux. Books est remarquable. Courrier International est d'une grande richesse. Les Échos (qui à ma connaissance, ne vont pas bien non plus) sont bien conçus dans leur genre très particulier. Le Monde a tout le même de beaux restes... La liste reste longue.

    Dans le désert de presse qui s'annonceCe qui est en cause, ce sont d'abord paradoxalement un ensemble de phénomènes physiques. D'abord, si on admet que la seule chose qui n'a pas varié, c'est le nombre d'heures dans une journée, il faut prendre acte que  sur ce nombre d'heures dans une journée, le temps passé sur internet a pris une part non seulement croissante mais stupéfiante: 4,1 heures par jour (ordinateur), 1 heure (mobile). Comment trouverait-on le temps de lire, si l'on doit tenir compte de ce qu'on travaille tout de même et qu'en plus on regarde abondamment la télévision?

    Par ailleurs, la diminution drastique du nombre de points de vente (notamment parce qu'ils perdent des commissions sur des ventes de presse en baisse) réduit évidemment les chances du simple citoyen d'acheter un journal. Enfin, la sensible détérioration des prestations de La Poste pour la livraison des journaux fait que les abonnés désertent.

    Dans le désert de presse qui s'annonceILLUSION.- On me dira que ça n'est pas grave, que des sites internet vont remplacer la presse. Non. C'est une illusion. Parce que pour qu 'une presse solide et sérieuse existe, donc pour qu'elle rémunère ses rédacteurs qui fassent un travail consistant de collecte et de vérification de l'information, il faut que les sites en question soit drainent des masses significatives d'abonnements, soit représentent des bassins de clientèles suffisants pour que les annonceurs veuillent bien suivre. J'ai eu l'occasion de montrer ici que les sites qui marchent vraiment, ce sont ceux qui paient du personnel. S'agissant de la meilleure des hypothèses, c'est à dire la souscription d'abonnements, il se trouve que nous avons une réponse paradoxale par le succès de Médiapart qui revendique en France entière 100 000 abonnés. Bravo. Mais ça veut dire, par conséquent autour de 1000 abonnés par département (encore ce raccourci est-il dangereux étant donnée la surreprésentation vraisemblable de la région parisienne, région de pouvoir, dans ces 100 000). Je défie quiconque de monter un média solide et crédible dans un département avec 1000 abonnés (ou alors, c'est, à une échelle nationale et non départementale, comme Presse News, avec un abonnement autour de 450 euros). Il en faudrait bien plus pour réunir les sommes nécessaires.

    Envisageons maintenant, l'éventualité d'un financement par la publicité. On peut penser que les grands annonceurs suivraient, mais pas  l'immense masse des petits, cette solide publicité locale qui est autant indispensable au média parce qu'elle est fidèle, qu'à l'annonceur (le plombier, l'électricien, etc...) parce qu'elle lui maintient une visibilité. Dans les modes mêmes de sa publicité (clips de grands parfumeurs, de marques automobiles), internet n'est pas du tout adapté à ce public. Ce sont des annonceurs qui veulent un mode de publicité simple, élémentaire même. Internet ne sais pas faire ça. Et le plombier ne tournera pas de clip.

    Ne nous y trompons pas. Ceci va avoir des effets induits qu'on a déjà  vu ailleurs par la constitution de grands groupes qui auront, eux, les moyens  d'une communication globale. Comme l'on sait, une partie de la grande distribution ou des transporteurs fonctionne déjà comme ça (Intermarché avec des investisseurs locaux mais rattachés à une centrale nationale). Par ce biais tout à fait secondaire de la communication, nous allons assister à des regroupements qui feront perdre son âme locale, leurs vraies personnalités à des prestataires de service.

    Dans le désert de presse qui s'annonce 

    Si vous voulez savoir pourquoi on ne lit plus du papier regardez cette photoDU VOL.- Donc, en tous cas localement, je ne crois pas à une économie équilibrée de la presse internet seule (appuyée à un média préexistant, c'est autre chose). Rappelons, par exemple, qu'à Dijon un site qui se voulait un média autonome annonçant les activités des forces locales, à côté d'une fonction journalistique classique, s'est effondré. Idem pour un groupe de sites internet sur le même principe fondé à travers toute la France par le Télégramme de Brest. Les actuels sites internet des journaux ne marchent que parce que les équipes des journaux papiers se dédoublent. En clair, le papier finance internet. Il faut bien voir que les grands succès d'internet en matière d'information ont été financés par le vol. Par exemple, le grand succès des portails Google news, ou Yahoo news qui reprennent sans vergogne les titres de journaux, faits et donc financés par d'autres, est profondément choquant. Il y a du mérite à créer de nouvelles formes d'économie, pas à voler les autres.

    Dans le désert de presse qui s'annonceOn peut dire que peu importe la disparition de la presse dans la mesure où on n'aime pas les articles des journalistes. Mais il y a toute la fonction sociale de la presse: l'annonce des activités des groupements, associations, sociétés, syndicats. Une fois encore pour qu'on puisse transférer cette activité de porte-voix sur le net, il y faut un financement. Je viens de démontrer que les modes actuels ne fonctionneraient pas. Alors, on me dira que reste ouverte l'éventualité d'un financement public (donc soumis au politique). En dehors du fait que, dans le contexte présent, cette éventualité est comique, cela ne nous garantit pas que le lien de confiance, la vocation fédératrice de la presse seront maintenus.

    Lu sur un site pourtant actifJe vois bien la grande indifférence que suscitent ces considérations en général. Peut-être faudrait-il cependant que chacun réfléchisse bien à ce que signifierait très concrètement l'impossibilité pour les troupes de théâtre locales, les associations, les groupes sportifs, les mouvements politiques d'annoncer leurs activités. Acceptons l'idée du désert de presse. Mais avec lui le désert de tant d'activités?


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  • La blogosphère suscite de la confusionIl faut parler clair, utiliser les bons mots dans leur sens véritable. Le net est une grande fabrique de désordre dans la compréhension des choses et particulièrement la blogosphère. On voit bien que derrière la dynamique du net, il y a l'idée que n'importe qui ou n'importe quoi peut être source d'information. Non, fermement non. Une information est une donnée qui a été recoupée, soupesée. Cela exige du travail et donc, à un certain moment, sauf si on le fait légèrement, de l'argent.

    Mais, me dira-t-on, il y a des centaines de milliers de sites qui diffusent des informations notamment sur ce dont ils émanent, groupements, entreprises, organes militants. Je récuse cela absolument. C'est de la communication qui est clairement le cache-sexe de la propagande. Il faut réutiliser les bons mots: lorsqu'une association militante follement sympa diffuse des données sur les choses formidables - évidemment- qu'elle va entreprendre, c'est la propagande. Le fait que tel ou tel organisme bénéficie d'un préjugé favorable ne dispense d'aucune vérification de son "information".  Ou alors c'est du parti pris. La confusion entre information et communication est devenue intolérable. Première mise au point.

    La blogosphère suscite de la confusionRIEN N'EST GRATUIT.-Deuxième mise au point qu'impose, je crois, la confusion généralisée du net: rien n'est gratuit. En tous cas pas la vraie information. Non seulement il est légitime mais il est indispensable qu'une information soit payante. Sinon, elle est suspecte. Car il y a gros à parier qu'elle a été torchée en deux temps, trois mouvements, sans souci de vérification et de mise en perspective. Médiapart oui, là on ne triche pas, il y a du boulot. Et de même pour les sites crédibles qui ont du dépenser de l'argent pour aller chercher les faits et les mettre en perspectives.

    La blogosphère suscite de la confusionJe refuse absolument de mettre sur pied d'égalité le travail sympa, passionné, militant de celui qui veut tirer au clair un sujet et celui d'un gars qui a l'expérience des sources, l'expérience de leurs manipulations (ça arrive), qui sait où vérifier, etc. Je refuse que l'on dise que tout est égal à tout. C'est exactement comme l'érotisme et la pornographie.

    L'enjeu véritable, le seul à la fin des fins, est que chacun puisse penser par soi-même sur des bases solides. Non pas sur la base de la propagande des autres. J'ai dit ailleurs ce que je pensais de la construction des grands mythes à partir desquels nous serions censés nous situer. Notre seule vraie liberté est de nous construire nos propres convictions.

    La blogosphère suscite de la confusionVIEUX RÉAC.- Je sais pertinemment que ce que j'écris là ne rencontre absolument pas l'adhésion du plus grand nombre. Le net et ses théoriciens, voire ses profiteurs, ont laissé se diffuser l'idée - voire l'ont promu- que la gratuité était la liberté. Nouveau concept qu'on manipule. C'est faux. La gratuité telle qu'on la pratique sur le net peut signifier deux choses: d'une part celui qui paie vraiment, à la fin des fins, est un bénéficiaire masqué de la diffusion de la donnée en cause; d'autre part l'intention apparemment généreuse de la diffusion est au mieux militante, au pire manipulatrice. Il est désolant de voir des mots de progrès - "liberté"- et des concepts généreux - "partage"- masquer en réalité des pratiques qui sont coupables.

    Je suis totalement indifférent à l'idée de passer, écrivant ceci, pour un vieux réac. On sait bien que les dictatures ont toujours eu pour activité première de changer le sens des mots. Le net est objectivement une "dictature molle" que nous sommes contraints d'accepter parce qu'il offre d'incontestables avantages. Mais nous ne pouvons accepter, sans en être conscients, le changement de sens des concepts.

     

    PS: Ce site est très clairement un site de commentaires et non d'information pour l'excellente raison que je ne dispose pas des moyens de garantir, par des recherches suffisantes, des informations solides. Oui à l'information il faut de l'argent, le reste est mensonge.


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  • "Je peux payer tout de suite, si vous voulez""Merci Monsieur le Président. Je peux payer tout de suite si vous voulez". C'est donc comme ça que s'est terminée l'audience qui se déroulait devant un tribunal où l'on poursuivait ce malheureux qui se faisait passer pour un journaliste de France Culture et allait de festival en festival, se faisant parfois inviter, mais toujours dans de petits hôtels et voyageant toujours en 2° classe. Ce garçon, à part ça diplômé, était seul dans la vie et se regonflait en interviewant ses vedettes. Quelle drôle d'idée au passage de s'être fait passer pour un journaliste de France Culture! Pour rencontrer Johnny, ce n'est peut-être pas génial. Mais ça prouve qu'il a bon goût. Le plus drôle est qu'il a bel et bien fait des interviewes et qu'il se les repassaient pour se faire plaisir.

    "Je peux payer tout de suite, si vous voulez"Si je comprends bien les compte-rendus de presse, il y a eu à peu près unanimité de tous les intervenants de la justice pour y aller mollo, Radio France se plaignant seulement du "dégât d'image" qui consiste à donner à entendre que les journalistes font payer leur hébergement et leurs trajets pour des festivals. Pour le moment, il s'en tire avec une somme raisonnable, d'où la citation.

    "Je peux payer tout de suite, si vous voulez"ABANDON DES POURSUITES.- Moi, je serais pour l'abandon des poursuites en échange de ce qu'il remette ses enregistrements à Radio France et que celle-ci les diffuse. Parce que ça doit être assez intéressant, surtout de la part de ce personnage là, apparemment malheureux et qui trouvait son bonheur dans la fréquentation de Alain Souchon, Laurent Voulzy, Julien Clerc, Maxime Le Forestier, de voir si ça se sent dans son questionnement auprès d'eux.

    Je suis journaliste - je n'ai d'ailleurs plus la carte parce que je n'ai jamais demandé son renouvellement- mais je dois dire que je me moque éperdument d'un éventuel monopole qui serait réservé à des gens comme moi. Il est notoire que des écrivains ont cent fois mieux dépeint le réel que des journalistes. Emmanuel Carrère n'est pas, à ma connaissance, journaliste - du moins encarté- et il décrit magnifiquement le réel.

    En revanche, je suis définitivement opposé à l'idée que n'importe qui pourrait faire du journalisme. Et, à mon grand regret, cette idée est dominante. Le net fourmille d'écrits consternants, de pratiques insupportables de gens qui s'autoproclament journalistes considérant que toutes les pratiques sont acceptables au nom de ce qu'ils intitulent "liberté de la presse" et qui est "sauvagerie de la presse". Le comble absolu étant que certains appellent ces merdes du "journalisme citoyen". Une des pires épreuves à les lire est leur manque de considération pour la langue et, en définitive, pour le lecteur.

    De la même manière, je suis définitivement opposé à cette espèce de dégoût snob qui voudrait signifier que tous les journalistes sont des misérables, que la presse comme un tout est une merde. Je ne pardonne pas à Mélenchon ses sorties contre les médias EN GÉNÉRAL qui ne sont que des postures pour s'attirer un public qui a envie qu'on allume un bûcher. On est bien d'accord que j'accepte volontiers la critique, pas la pose.  Car ce sont alors des commodités langagières, des facilités de fin de banquet. Plutôt que d'écrire un bouquin intitulé "Qu'ils s'en aillent tous" - ça ne s'invente pas, il l'a fait-  qu'il nous ponde donc "L'adversaire" (Emmanuel Carrère). De l'un je n'accepte pas les leçons, de l'autre oui. Du reste, l'autre, comme par hasard, n'en donne pas.


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    Une toute nouvelle agence de presseDevant la nécessité de rationaliser les budgets des chaînes de télévision et de radio qui n'ont plus un sou, je viens de lancer une agence de presse qui met à leur disposition à des tarifs tout à fait abordables un ensemble de déclarations, adaptables à la plupart des situations. Dans le cadre d'une politique commerciale à la service de notre clientèle, nous les proposons sous forme de “packs” de plusieurs déclarations.

    Une toute nouvelle agence de presseA noter que compte tenu des vêtements de nos interlocuteurs, d'une grande neutralité, ces images devraient pouvoir être utilisées pendant cinq ans au moins.

     LE PACK VIGILANCE

     Il comprend un ensemble d'archives de déclarations récentes d'hommes politiques français, sur le thème: “Nous devons rester vigilants”. (Nota: la coupe a été ainsi faite que la déclaration peut s'adapter indifféremment à un événement relatif au terrorisme  ou à une défaite sportive). Le pack comprend une quarantaine de déclarations, à l'exception du Nouveau Parti Anticapitaliste qui semble n'être jamais vigilant (Voir ci-dessous). Prix: 2000 euros.

     LE PACK MOBILISATION

     Très adapté à des mouvements sociaux ou à des déclarations de personnalités de gauche et d'extrême-gauche, syndicalistes compris, ce pack offre cependant également des déclarations de personnalités de droite, voire – beaucoup- de la manif pour tous. Il s'agit, bien entendu d'un ensemble de déclarations "appelant à la mobilisation". A noter qu'en raison du vêtement des manifestants de la Manif pour tous, il paraît difficile de les utiliser pour une grève dans la sidérurgie. Prix 2000 euros

     LE PACK SORTIE DU TUNNEL

     

    Une toute nouvelle agence de presseCe pack très important sur le thème “Nous voyons la sortie du tunnel” comporte 80 déclarations et nous consentons un prix promotionnel à 1500 euros. Il ne comporte aucune déclaration des partis de gauche.

     

    LE PACK SORTIE DE ...

    Une toute nouvelle agence de presseCe pack comprend quatre vingt séquences de sortie de l'Élysée, ou de l'Hôtel Matignon dans les véhicules suivant: Renault Talisman, Renault Latitude,  Renault Velsatis, Renault Safrane, Citroën C 6 et berlines Mercédès. A noter les séquences sont filmées de suffisamment loin pour qu'on ne puisse identifier le passager. Cependant, la sortie de l'Élysée en Rolls-Royce, compte tenu de la marque, est vendue plus cher. (Nous consentons des tarifs favorables pour les voitures de milieu de gamme)  Tarif: 2000 euros.

     LE PACK "CA N'ÉTAIT PAS MON JOUR"

    Ceux qui connaissent nos services observeront qu'il s'agit d'une fusion avec le pack "je ferai mieux la prochaine fois". Ce pack est évidemment destiné aux rédactions sportives et concernent tous les sports sauf les échecs. Prix: 2000 euros

     LE PACK "D'UN INSTANT À L'AUTRE"

    Ce pack propose une série de prises de parole de présentateur qui ont été tournées sur fond neutre en sorte que la chaîne intéressée pourra glisser derrière l'intervenant indifféremment des images de l'Élysée, Matignon, etc. L'intervenant y déclare: "Nous attendons d'un  instant à l'autre une déclaration des autorités" (Il est à noter que le choix de la formulation autorise l'utilisation de la séquence aussi bien  en cas d'événement météorologique qu'en cas de crise politique). Prix 2000 euros.

     SUPPRESSION DE NOTRE PACK "AMITIÉ ENTRE LES PEUPLES"

    Face à l'absence de demande nous avons supprimé notre pack "amitié entre les peuples."


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  • Les faux culs font de la téléOn aurait envie d'éclater de rire parce que la situation en matière de programmes de télévision est devenue si inextricable qu'un de ces quatre matins tout va exploser et - ce qui serait épatant- on aurait droit à une semaine d'écran noir. Un article annonce que les chaînes sont en bisbille avec les producteurs de programmes pour savoir qui peut bénéficier des droits de revente lorsqu'un programme qu'elles ont contribué à financer est mis sur le marché. Problème en effet, il arrive que ce programme soit acheté à bas prix par un concurrent et diffusé un an plus tard. Et comme tout le monde a oublié, ça paraît génial.

    Les faux culs font de la téléPOSES FOIE GRAS.- Ca vous paraît compliqué? Eh bien vous avez raison. C'est tellement compliqué que personne n'y comprend plus rien. Je vais vous raconter l'histoire d'un documentaire (je sais de quoi je parle, j'ai contribué à la réalisation de près d'une centaine de documentaires). Un beau matin, à la machine à café d'une chaîne de tv, un responsable des programmes raconte à son adjoint: "Ce week-end, j'ai laissé tomber une tasse à la maison et ma femme m'a dit: "tiens, au fait, vous devriez faire quelque chose sur la Les faux culs font de la téléporcelaine". Super-idée, on va faire quelque chose sur la porcelaine". L'adjoint, qui espère que ça le fera bien voir, rentre dans son bureau, décroche son téléphone et appelle une boîte de production privée et lui dit: "Si vous faites quelque chose sur la porcelaine, il se pourrait bien que je vous l'achète, faites moi un projet". Pourquoi, dira mon sagace lecteur, la chaîne ne décide-t-elle pas de tourner elle-même un documentaire, avec ses moyens? Pour deux raisons: d'abord dans la chaîne, ça coûte plus cher, vu qu'il y a ces connards de syndicalistes qui demandent des poses foie gras toutes les six heures et d'ailleurs qu'on ne trouve même pas vu qu'ils sont tout le temps en réunions. Ensuite, parce que les boîtes de production privée ont accès à des financements par des Les faux culs font de la télétas de fonds spécialisés qui sont interdits aux chaînes. Mais mon toujours sagace lecteur (enfin, ça ne va pas durer) se demandera: Mais pourquoi a-t-on besoin de financement extérieurs? Eh bien pour l'excellente raison que les chaînes de télévision ne paient jamais ce type de programmes à leur prix de revient. Lorsqu'on a de la chance c'est à 60%, mais ce peut être 20%. Donc, il faut aller chercher de l'argent ailleurs. D'où des trucs croquignolets. Par exemple, dans notre grande saga sur la porcelaine, il y a gros à parier qu'on essaiera de faire casquer la ville de Limoges. L'autre jour, je visionnais un documentaire sur l'esclavage: première image, un président de conseil régional. Je bouffe ma chemise s'il n'est pas passé à la caisse. Mais à part ça, attention, on a notre déontologie.

    Le plus drôle, en France, c'est que c'est une ministre de gauche - Catherine Tasca- qui a favorisé le développement des boites de production privées au détriment en particulier de la production en interne des chaînes publiques, avec tous ces gauchos qui foutent que dalle, vous pensez bien.

    Les faux culs font de la téléSIXIÈME ÉTAGE SANS ASCENSEUR.- C'est quoi une boîte de production privée? Il y a deux grandes catégories. Le plus grand nombre est composé d'anciens techniciens, de créateurs fous qui n'ont d'autres moyens  que de loger leur affaire au sixième étage sans ascenseur d'un immeuble d'une banlieue glauque. S'ils ont de la chance, ils ont les moyens de payer une belle plaque. La plupart du temps le nom est écrit au feutre sur une feuille de papier. Le cuivre coûte cher. Ca s'appelle: "La planétaire de production audiovisuelle" ou "Worldwide broadcast, inc". A Saint Denis, c'est très bien porté. Le patron improvisé du truc dort dans les couloirs des chaînes des années durant pour vendre une série sur "Matérialisme et Empirocriticisme", mais faute de résultat, équilibre les comptes en faisant les vidéos institutionnelles d'Intermarché.

    Les faux culs font de la téléBien entendu, ces braves gars ne se paient pas, vu que les rentrées sont rares. Donc eux, comme leurs assistantes (qui sont en général aussi leurs maîtresses- il faut concentrer au maximum les fonctions dans un souci d'économie), sont intermittents du spectacle. C'est à dire que c'est le régime d'indemnisation du chômage qui paie pour tout ce binz.

    La deuxième catégorie de boîtes de prod' dont mes lecteurs- de moins en moins sagaces et de plus en plus proches de la dépression- ont entendu parler à jet continu dans la presse people se situe dans les arrondissements chics des grandes capitales. Il y a des nanas superbes avec des jupes fendues jusque très haut qui portent des tasses de thé. Et ces boîtes appartiennent à des anciens gradés de la télé qui ont été virés pour une histoire de note de frais, mais qui, dans deux ans, seront à nouveau dans la chaîne de télé lorsque, à force de dîners avec des sénateurs incontinents, ils auront suffisamment intrigué pour se faire réintégrer. Plus haut. Bien sûr. D'ailleurs, eux ne font rien dans ces boîtes. C'est des stagiaires qui travaillent. Les supposés patrons répondent aux interviewes.

    Les faux culs font de la téléCHAÎNE CAMEROUNAISE.- La petite boîte du technicien fou, on lui file les merdes. La série sur la porcelaine, elle va y avoir droit. C'est du 23h30, sur une chaîne culturelle. Et puis le métier de directeur des programmes sur une chaîne consiste à maintenir un subtil équilibre entre les boîtes sur le bord de la faillite à qui il file les miettes pour les empêcher de couler et puis la série : "les cinquante plus beaux palais du monde" avec moyens illimités pour la boîte des beaux quartiers. Tout de même, l'avantage des petites boLes faux culs font de la téléîtes, c'est qu'elles font le gros du boulot.

    Donc pour revenir à ma série sur la porcelaine, le responsable de la boîte de prod' paumée va appeler un pote dans la dèche et lui dire: "fais moi un projet". Bien sûr, pas payé. Ah ben oui, le régime des intermittents, c'est là pour ça. Ce projet sera lu, relu et amendé dans la chaîne par des jeunes gens qui, deux jours avant, ne savaient pas que la porcelaine existait. Et finalement, le tournage va commencer. Oui mais, il n'est pas sûr que le financement ait été bouclé. Ou s'il l'est, il n'y a aucune marge pour la petite boite de prod. Donc - pour bien comprendre l'article cité au début- il faut comprendre que c'est en revendant 100 euros à une chaîne Les faux culs font de la télécamerounaise, un peu mieux chez les Suisses et les Belges, quelques clopinettes sur des chaînes câblées que les producteurs espèrent faire leur marge. Les chaînes câblées, c'est génial. Un de mes documentaires a été racheté par la chaîne Histoire: il a été programmé près de 90 fois la même année! Cette année là, j'ai changé les amortisseurs de la bagnole, autant vous dire que je m'en souviens.

    Or, comme l'explique fort bien l'article, les chaînes voudraient encore toucher à ce stade. Et, si je comprends bien, le ministère a l'air de les soutenir. Faut dire que, figurez-vous, les chaînes de télé ont des journaux télévisés. Alors, faut pas trop les fâcher. Faux culs, va.


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  • Dans l'avalanche des nouvellesIl advint un jour que le Canard Enchaîné se paya la fiole du Dauphiné Libéré parce que le journal avait passé un entrefilet dans son édition de l'Ain signalant "une panne d'électricité à la centrale nucléaire du Bugey" alors que, dans les faits, c'était tout le système de contrôle électrique de la centrale qui avait sauté. En clair, la centrale était devenue folle et plus personne ne maîtrisait quoi que ce soit. Inutile de dire que quelques confrères se firent remonter les bretelles. Mais ils eurent beau jeu de montrer que EDF, l'exploitant de la centrale, leur adressant pratiquement une information  par jour, sous l'avalanche, ils avaient (à tort) fini par céder. Et il est vrai que ces informations étaient du genre: "Accident sur le parking de la centrale du Bugey: un phare brisé" ou bien "Une femme enceinte prise d'un malaise à la centrale du Bugey". Comme l'on voit, c'était très malin comme politique de communication. Il s'agissait de tout banaliser. Une autre affaire du même ordre eût lieu à Feyzin (Rhône) lorsqu'un wagon plein de l'usine Péchiney tomba dans le Rhône et que l'entreprise diffusa un communiqué disant qu'"un récipient était tombé dans le Rhône". Tu parles d'un récipient! Des milliers de poissons morts.

    Dans l'avalanche des nouvellesQU'EST_CE QUI EST IMPORTANT?- Les histoires que je viens de raconter sont anciennes. Mais tout est devenu bien pire. La banalisation des évènements bat son plein. Franchement, je ne sais pas si ce qui se passe en Irak, si les supposées menaces islamiques, si l'absence de soutien de l'Allemagne à la France, bref si tout cela est grave. Je veux dire vraiment grave. S'il y a un enjeu durable à long terme. Je ne suis pas plus bête qu'un autre, je devine des problématiques mais je reconnais volontiers que je ne hiérarchise Dans l'avalanche des nouvellesplus. Qu'est-ce qui est le plus important? Et ensuite? Et ensuite?  Et ce n'est pas faute de savoir. Diable, que non! Ah pour savoir, comme n'importe qui d'autre, je sais. Mais je ne mesure pas. Je ne mesure plus. Je croule.

    Dans l'avalanche des nouvellesJe suis encore un peu journaliste, moins qu'avant, mais je conserve des responsabilités. Le public n'a pas idée du nombre de sollicitations par jour, je pourrais presque écrire par heure, auxquelles on est soumis. Donc, oui, les journalistes eux-mêmes hiérarchisent moins bien. Parce que pour penser, pour soupeser, pour aller faire un tour à la documentation, appeler un copain qui connaît le secteur, etc. il faut du temps. Et je ne vous dis rien lorsqu'on vire dans le subtil, dans ce qui suppose une vraie culture de la spécialité. Je me souviens d'une conversation avec un de mes confrères spécialisé dans l'information religieuse accablé qui me raconta avoir reçu, quelques minutes avant notre rencontre, un appel d'une consoeur généraliste qui avait à traiter des églises évangéliques dans les élections américaines et qui lui lança: "C'est des sectes, hein?" La pauvre fille avait un quart d'heure pour se faire une opinion et, dans la masse d'infos sous laquelle elle croulait, elle avait cru voir ça.

    Dans l'avalanche des nouvellesFORCÉMENT, ON DIT UNE CONNERIE.- Il y a peu, Didier Guillaume, président du Conseil Général de la Drôme, personnage sympathique et efficace, me disait: "Que voulez-vous, avec les chaînes d'informations en continu où ils ont besoin de meubler pendant 24 heures, il y a forcément un moment où ils disent une connerie." Bien vu, Monsieur le Président. Contrairement à ce qu'on croit le problème n'est pas la dissimulation, c'est le bombardement. J'ai eu l'occasion d'écrire ailleurs combien j'étais peu impressionné par les théories du complot, mais combien j'étais accablé de voir tant de mes contemporains y croire. Mais c'est sans rancune! Je les comprends! Le sentiment absolument fondé de "déjà vu" (qu'explique l'avalanche que je viens de décrire) fait naître le soupçon que si on en dit trop, tant, tout le temps, c'est qu'on veut cacher autre chose. C'est humain.

    Un des résultats est que toute institution, tout personnage qui pose comme étant "à la marge", "politiquement incorrect", comme ils disent, apparaît comme un génie, comme celui qui, enfin, dira la vérité.. Le connard qui vient dire que 1+1=2 est aussitôt assimilé à un complice du grand capital, un "chien courant du capitalisme" (comme disait Lénine), un porte-parole de l'idéologie dominante. Et les médias, parfaitement avertis de leurs propres dysfonctionnements - faut pas prendre les gens pour des cons- en viennent alors, "pour compenser" à donner la parole à des espèces de gourous improbables que le bon sens devrait éliminer au plus vite.

    Dans l'avalanche des nouvellesDans l'avalanche des nouvellesCUISSES PROPRES.- C'est l'effet pervers de l'avalanche. Mais au passage, je voudrais faire remarquer qu'il y a peu de profession autant que celles de la presse qui rendent publiques leurs propres bourdes. Je n'ai connaissance ni pour les médecins, ni pour les garagistes, ni pour les notaires, ni pour les professionnels de l'immobilier, surtout pas pour les financiers que soient rendues publiques leurs erreurs par eux-mêmes.  Je viens même d'apprendre s'agissant de M. Aquilino Morelle, conseiller de M. Dans l'avalanche des nouvellesHollande, qui avait fâcheusement touché une rémunération d'un laboratoire pharmaceutique lorsqu'il était au Ministère de la Santé... que l'Ordre des Médecins ne le poursuivrait pas. Il est impossible de ne pas voir - sauf mauvaise foi- que le jeu normal de la concurrence aboutit à ce que les grosses fautes journalistiques sortent. C'est la Croix qui publie chaque année à ses frais un baromètre de la crédibilité (en général chancelante) de la profession. Ce sont bel et bien des journaux qui ont sorti l'affaire de l'interview bidon de Castro par PPDA. La crise à Libé, au Monde, à Nice-Matin, elle est partout.

    Il n'a pu échapper à la sagacité de personne que M. Mélenchon s'est fait un fonds de commerce dans les charges contre la presse. Et assurément je veux bien lui donner raison souvent. Je m'étonne seulement que, tant qu'à se donner un bouc émissaire, il n'ait choisi ni les assureurs, ni la téléphonie mobile, ni les notaires, ni les huissiers, ni les agents immobiliers. Il est vrai qu'eux, ça se voit moins.Et puis surtout, avec ceux là, il n'a pas besoin de créer un rapport de force. Avec les médias, dans sa position, c'est autre chose.  Je veux bien qu'on donne des leçons, mais à condition d'avoir les cuisses propres.


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