• Podemos, Syriza: Les pouvoirs impuissants exaspèrent les extrêmes

    Podemos, Syriza: Les pouvoirs impuissants exaspèrent les extrêmesOn se résume: Podemos a fait une prouesse en Espagne, Syrizia en Grèce, les gauches éclatées au Portugal, mais les conservateurs en Grande-Bretagne de leur côté tout autant. En France, "l'alternative" ne s'impose pas (bien au contraire), les conservateurs non plus (bien au contraire). En Allemagne, les conservateurs sont en réalité divisés sur les réelles audaces de la chancelière Merkel qui tente d'imposer, avec un succès mitigé, des ouvertures. Il y a un curieux lien de parenté entre sa tactique et celle de Hollande: celle du contre-pied. Mme. Merkel tente des ouvertures sociales, M. Hollande, lui, se rallie à un ordre qui ne déplairait sûrement pas au centre gauche (?) de M. Bayrou. Le gouvernement italien, lui aussi, s'est d'abord affiché comme voulant s'émanciper des épures classiques, mais il paraît revenir au très conventionnel.

    Podemos, Syriza: Les pouvoirs impuissants exaspèrent les extrêmesQuoi qu'il en soit, qu'il s'agisse de positionnements formels, de pures postures ou de vraies audaces, on voit bien que personne n'est à l'aise dans son costume, un peu comme si l'exigence de repositionnement se faisait sentir partout. La vérité est qu'il faudrait, partout et pour tous, pouvoir marquer une pause et mener à nouveau une réflexion doctrinale. Le temps manque, la conjoncture presse. Donc on fait un peu n'importe quoi. Un coup à droite, un coup à gauche, mais rien de clair. Et donc aucun autre résultat qu'une population qui enrage, qui se sent trahie. Elle le manifeste à l'occasion par des votes extrêmes. Ou, comme vient de le montrer un sondage en France, elle est massivement (70%!!!) pour l'Union Nationale, c'est-à-dire pour rien en particulier.

    Ceci se déroule sur fond de pouvoirs qui...en ont de moins en moins justement du pouvoir. Les multinationales parviennent à leur imposer des choix, le caractère de plus en plus international des législations du fait d'accords multiples leur ôte des marges de manoeuvre. Pour autant, ce destin de marionnette impuissante vaut pour tous: on l'a vu avec Syriza, contrainte de céder sur sa radicalité sous peine de banqueroute. Si l'on ose la formule, il y a, dans la population, une "volonté de vouloir", un désir de prendre en mains, mais il n'y a pas de traduction véritable. En sorte que l'on doit craindre que l'exaspération conduise à des tours violents. Plus personne ne croit à grand chose à force d'avoir entendu trop de propos creux. Reste la crise de nerf. Pas gai.


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