• A un moment donné, on n'a pas tiré la sonnette d'alarme

    A un moment donné, on n'a pas tiré la sonnette d'alarmeIl faut regarder cette vidéo en entier car, très probablement, elle nous rapproche de la vérité.

     

     Franchement, je ne connais rien de Jérôme Lavrilleux. Rien d'autre que ce que je lis dans les journaux et qui n'est pas très aimable. Au surplus, je n'aime pas la posture qui consiste à feindre être le plus fin. Donc, tout en ne partageant absolument pas les idées et les engagements de cet homme, je pense qu'il est à un moment de vérité et qu'en effet, il s'est laissé mettre dans une situation - et cela je le lui reproche- dans laquelle il est devenu aveugle. Il faut rappeler des déclarations de Jérôme Cahuzac qui disaient à peu près cela. J'ai eu à rencontrer par pur hasard le juge d'instruction qui avait, dans un poste antérieur à notre rencontre, eu à signifier à Alain Carignon qu'il partait en prison. La description de l'hébétude de son interlocuteur, la découverte subite qu'il était soumis à la loi de tous, était très éloquente. Ce qui est grave est sans doute ce qui a été fait, mais ce qui l'est davantage encore c'est que se créent des systèmes où l'on perd le sens commun. Revenons un instant sur terre: après tout, un parti n'est qu'une grosse association, une énorme peut-être, mais elle doit obéir à un cadre juridique général que nous acceptons tous. Il faut que s'y trouvent des vapeurs particulières - qui sont les vapeurs du pouvoir, bien sûr - pour que le meilleur des hommes s'y égare, perde le sens commun. Et je note ici les vapeurs du pouvoir, mais nous savons bien que cela pourrait se trouver dans un cadre religieux, voire dans un cadre sportif. Dans ces lieux, en somme où se créent des sortes de déconnexions du réel - peut-on dire des phénomènes extatiques?- qui font perdre le sens commun. Je songe à une interview que j'avais faite du biographe de Jean Luchaire, Cédric Meletta. Sur la  fin de sa gloire, Jean Luchaire - dont il faut rappeler que ce fut d'abord un journaliste de gauche- bascule, comme l'on sait dans la collaboration et lui, l'homme parfaitement informé de l'issue qui vient, accepte le poste ridicule de commissaire à l'information à Sigmaringen. Pour quelques semaines de pouvoir, pour quelques moments d'extase. Je n'excuse rien. Je ne compare pas les tripatouillage de l'UMP avec ça. Sauf sur un point: c'est le même carburant qui fait ainsi perdre le sens du réel.


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