• Mais, bon sang, la collaboration gauche droite se fait partout en France

    Mais, bon sang,  la collaboration gauche droite se fait partout en FranceL'abyssal écart existant entre ce que Giscard appelait justement la France profonde et celle qui prétend refléter l'opinion dominante fait, ces temps-ci, une victime supplémentaire. L'éventualité que se mettent en place des listes communes PS-LR face au Front National permet de pousser des cris d'orfraie. Mais, tonnerre de Brest, depuis des décennies, ces collaborations gauche-droite sont le pain quotidien du plus grand nombre de communes françaises.

    Il y a en France 36 000 communes dont celles de plus de 1000 habitants se voient imposer, par le mode de scrutin, des affrontements partisans. Et je note que les adorateurs de ce genre de bagarres qui inspirent les textes de lois voudraient encore abaisser la limite. Mais l'immense masse des communes de France - exactement 26924 en 2011- fonctionne sur un mode pleinement collaboratif. Sans doute ça ne garantit ni l'amour, ni la sérénité. Mais, dans la mesure où l'on est tout de même bien obligé de reconnaître que la commune est l'échelon capital de l'organisation de l'administration du pays, il faut bien admettre que ça marche.

    On l'a complètement oublié, mais il y eût un temps où le système du panachage aujourd'hui confiné aux petites communes, par les efforts des fonctionnaires de partis, existait aussi pour les moyennes. Je me souviens d'une conversation avec un ancien adjoint au maire de droite d'une petite ville qui me disait regretter le temps où il devait collaborer pleinement avec d'anciens adversaires de gauche, tout simplement pour que ça marche. Et il me disait, avec une loyauté sympathique, ce que lui-même y avait gagné.

    Mais, bon sang,  la collaboration gauche droite se fait partout en FranceUne idéologie partisane - et je veux dire multipartisane, au sens où il s'agissait d'offrir aux partis une position prééminente- l'a emporté. Les débats un peu partout sont pollués par des directives partisanes qui font que l'on s'affronte sur des sujets qui, dans les faits, n'existent pas. Mais on voit bien que ceci nourrit le système partisan qui a besoin de se justifier, dans le temps même, où - toutes les données concordent- les partis se vident de leurs adhérents.

    Et pourquoi se vident-ils? Précisément parce que la population n'y trouve plus le reflet de ce qu'elle vit. Elle sait bien que, dans sa vie quotidienne, les compromis sont la pratique constante, qu'à l'intérieur des entreprises et des administrations, jour après jour, on passe des accords avec des personnes avec lesquelles on peut être, par ailleurs, en désaccord. On apprend même à gérer cela dans les écoles de management.

    Mais voilà: le théâtre politique continue de jouer parce qu'il est subventionné mais la salle est vide.


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